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Dix jours en bagage cabine : 55 x 35 x 23 et pas un centimètre de drame

Les vraies dimensions d'Air Canada, d'Iberia et d'Air France, la règle du litre pour les liquides et ma méthode pour voyager dix jours en bagage cabine sans avoir l'air d'avoir perdu ma valise.

Croquis au crayon de couleur et à l'aquarelle d'une femme élégante assise sur une valise cabine dans une chambre d'hôtel, entourée de mailles, de mocassins et d'une trousse de toilette transparente

Par Isabella Duarte

Pendant des années, j’ai voyagé comme si je déménageais. Une grande valise « au cas où », une trousse de toilette de la taille d’un cabas de plage et la certitude absolue qu’à un moment donné j’aurais besoin de trois paires de talons dans une ville pavée. Je n’en ai jamais eu besoin. Ce dont j’ai eu besoin, souvent, c’était de ne pas attendre quarante minutes devant un tapis à bagages en regardant sortir les valises de tout le monde sauf la mienne.

Alors je me suis réformée. Aujourd’hui, je voyage dix jours avec une valise cabine et un sac à main, et ce n’est pas de l’ascèse : c’est de la pure vanité. Arriver légère, quitter l’aéroport avant tout le monde et ne jamais avoir à choisir entre mes vêtements et ma dignité. Mais pour cela, il faut commencer par la partie ennuyeuse, celle où presque toutes nous échouons : les dimensions.

Les petits caractères, centimètre par centimètre

Chaque compagnie a sa propre idée de ce qu’est un bagage cabine, et aucune ne vous demande votre avis. Voici les trois que j’utilise le plus, d’après leurs propres sites :

  • Air Canada : 55 x 40 x 23 cm, roues et poignées comprises, et sans limite de poids, à condition de pouvoir la hisser vous-même dans le compartiment. En plus, un article personnel de 43 x 33 x 16 cm.
  • Iberia : 56 x 40 x 25 cm et jusqu’à 10 kg en classe Économique, plus un sac ou un sac à dos de 40 x 30 x 15 cm sous le siège.
  • Air France : 55 x 35 x 25 cm, et voici le piège : la valise et le petit sac (40 x 30 x 15 cm) ensemble ne peuvent pas dépasser 12 kg en Economy.

Faites le calcul : la valise qui passe dans les trois sans discuter avec personne mesure 55 x 35 x 23 cm. C’est la mienne. Elle est un peu plus étroite qu’on ne le voudrait, et c’est justement pour cela qu’elle fonctionne : elle vous oblige à décider chez vous ce que vous décideriez sinon en larmes à la porte d’embarquement.

Un avertissement qui m’aurait épargné une contrariété : chez Air Canada, les tarifs Economy Basic achetés depuis le 3 janvier 2025 n’incluent qu’un article personnel sur les vols au Canada et vers les États-Unis, le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes. Si votre billet est Basic, votre « bagage cabine » est en réalité un sac à main. Vérifiez avant de faire votre valise, pas après.

Le litre le plus important de votre vie

La règle des liquides, vous la connaissez, mais mieux vaut la lire comme la lit l’agent de sûreté. Au Canada, l’autorité de sûreté aéroportuaire (ACSTA) exige des contenants de 100 ml ou moins, tous dans un seul sac transparent refermable d’un litre maximum. Un sac par passagère. Et attention à ce qui compte comme liquide : le mascara, le gloss, la crème solaire en spray et même le beurre d’arachide. Je parle d’après l’expérience des autres, la meilleure qui soit.

Ma solution est presque ennuyeuse de simplicité : tout ce qui existe en version solide voyage en version solide. Shampooing solide, parfum solide ou un vaporisateur minuscule, fond de teint en stick. Le sac d’un litre est réservé à ce qui n’a pas de substitut : le sérum, la crème contour des yeux et un parfum de 10 ml qui me donne l’impression d’être arrivée à Paris même pendant une escale de quatre heures.

Ma méthode pour dix jours (et non, il ne s’agit pas de tout rouler)

  1. Une palette, pas une garde-robe. Je choisis trois couleurs qui s’entendent bien, par exemple crème, bleu marine et camel, et tout ce qui entre dans la valise doit aller avec tout le reste. Si une pièce ne va qu’avec une seule autre, elle reste à la maison.
  2. Quatre bas, six hauts. Un pantalon large, un autre dans une matière fraîche, une jupe midi et un jean (qui voyage sur moi). En haut, des chemises et des mailles fines qui sèchent en une nuit. Dix jours, ce ne sont pas dix tenues : ce sont des combinaisons.
  3. Deux paires de chaussures, plus celles que vous portez. Des baskets blanches impeccables, des ballerines ou des mocassins et, aux pieds dans l’avion, les bottes les plus lourdes. Le plus encombrant voyage toujours sur vous, comme le manteau.
  4. Plier ce qui a de la structure, rouler ce qui n’en a pas. Les chemises et les blazers se plient ; les t-shirts et la maille, roulés, comblent les vides. Ce n’est pas une religion, c’est de la géométrie.
  5. Laver une fois, à mi-parcours. Le cinquième jour, la blanchisserie de l’hôtel ou un lavabo et un peu de savon. C’est l’astuce que personne n’avoue et celle qui libère le plus de place.

Le sac à main est l’autre moitié du système. J’y mets tout ce que je ne veux pas perdre de vue : passeport, médicaments, chargeur, batterie externe (qui, soit dit en passant, doit voyager en cabine et non en soute, comme le rappelle l’ACSTA), et une grande étole en cachemire qui sert de couverture, d’écharpe et d’excuse élégante pour dormir dans l’avion.

Ce qui tient vraiment dans une petite valise

Ce que j’ai découvert en voyageant léger n’a rien à voir avec les vêtements. Quand on emporte peu, on s’habille mieux, parce qu’on a déjà décidé chez soi ce qui nous va. On se déplace plus vite, on change de programme sans y penser et on ne demande à personne de nous aider à monter une valise dans l’escalier d’un hôtel de charme sans ascenseur.

Et il y a un petit plaisir, presque secret, qui me fait encore sourire : descendre de l’avion, passer devant le tapis à bagages sans m’arrêter et commander un café en ville pendant que le reste du vol attend encore. Dix jours, cinquante-cinq centimètres et pas une seule fois la phrase « je n’ai rien à me mettre ». Enfin, presque.

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